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Parmi les fous : Chapitre 10 : Un monstre

--> je vais un peu vite dans la mise à jour, mais...

" La petite Lily commence à se perdre, elle ne sait plus où elle est, la frontière entre le bien et le mal devient chaque jour de plus en plus ténue, elle aimerait sortir, mais elle ne peut plus, trop de souvenirs s’accrochent à elle, elle a vécu trop longtemps ici pour s’en aller sans remords, sans abandonner une partie d’elle même avec nous. Elle est prise au piège la belle enfant au grands yeux d’ange, elle commence à le sentir au fond de son cœur, cette aventure lui coûtera bien plus qu’elle ne le pensait. Moi Kyokun, je reste là et je vois ce qui se passe, j’admire ce spectacle inédit qui s’offre à moi, le naufrage de l’innocence qui doucement sombre dans les abysses de ce monde désenchanté, c’est si beau et terrible à la fois, je ne sais pourquoi, je ne me réjouis pas, j’en suis incapable, je la revois essayer de soutenir mon regard bravement, tremblante mais affrontant sa terreur, me dévisageant pour comprendre qui j’étais, ce qui était arrivé pour que je devienne ainsi. Douce enfant, je me souviens de la blessure qu’elle a ouverte avec sa frayeur et du baume qu’elle a tenté d’y apposer par la suite, je donnerai ma vie pour la revoir encore et encore, pour qu’elle reste parmi nous à jamais, si elle demeurait pour toujours, peut être deviendrions nous meilleurs, autres que des monstres, cela est-il possible, ceux d’en haut nous le permettront-ils ? "

Kyokun s’interrompit brusquement, il tourna la tête vers sa gauche, se tapissant dans l’obscurité, des bruits de pas résonnaient à quelques mètres de là. La silhouette d’un homme apparut, grande, élégante, la démarche fluide telle celle d’un félin, c’était Errian. Il s’avança résolument dans la ruelle déserte, prenant plaisir à s’arrêter régulièrement, savourant l’atmosphère tendue de l’air, se délectant de cette peur qu’il devinait dans le sein de celui qu’il venait rencontrer. Le clown se recroquevilla sur lui même, il n’aimait pas cette présence qui était synonyme de mort et de danger, disparaître aurait été parfait, mais il y avait peu de chance pour que l’autre se laisse abuser par une simple ruse de magicien.

" Je sais que tu es là, je t’ai entendu parler seul, montre toi, avant que je perde patience… "

Kyokun sentit un frisson parcourir son échine à l’écoute de la voix doucereuse et moqueuse de son interlocuteur. Figé, il hésita à bouger, mais il redoutait trop la colère de cet homme pour demeurer ainsi plus longtemps, il se glissa alors hors de sa cachette en un mouvement lent et timide et fit face à Errian qui eut un sourire mauvais en le voyant. Il le toisa un instant avec son air supérieur habituel et déclara :

" C’est d’elle dont tu parlais, n’est ce pas ? Qu’a-t-elle donc fait pour que tu t’intéresses de la sorte à sa personne ? Cela ne te ressemble pas, je croyais que tu vivais hors du temps, alors pourquoi te soucier d’elle ? "

Le clown ne répondit pas, il détourna le regard, frottant ses mains l’une contre l’autre pour se rassurer tant bien que mal. Quelques secondes passèrent jusqu’à ce qu’il se décide à prendre enfin la parole, d’une voix mal assurée :

" Je ne sais pas, quand elle m’a regardé, j’ai senti … je ne sais pas … j’ai senti quelque chose de différent, comme si elle voyait. Je … "

Errian éclata de rire, un rire méprisant et dur, Kyokun désemparé ne savait quoi faire, il avait de plus en plus peur, il voulait s’enfuir mais ses jambes étaient clouées au sol, il voulait crier mais plus aucun son ne sortait de sa bouche. Il attendit. L’homme cessa brusquement de rire, il était furieux, son regard avait changé, il n’avait plus rien d’humain, il fixait le clown avec froideur et dégoût .

" Alors toi aussi tu crois qu’elle va vous sauver ? Elle n’a qu’une envie, se barrer d’ici au plus vite, retourner en haut et raconter à tous ses amis l’histoire des monstres qui habitent ici. Pauvre fou, tu ne sais pas quel service je te rend aujourd’hui… "

Sur ces mots, il sortit un long poignard de sous son manteau, les yeux de Kyokun s’agrandirent de surprise et de terreur, il voulut courir mais il ne pouvait toujours pas esquisser un mouvement, il sentit la lame pénétrer sa chair au niveau de sa poitrine, une douleur intense envahit tout son être, brûlant sa chair, écrasant tous ses sens, plus aucune pensée ne traversait son esprit, il n’était plus capable de réfléchir, il quittait ce monde, sans un mot. Il sombrait peu à peu dans le noir, abandonnant tout combat contre la fatalité, quand il entendit un cri, ce n’était pas sa voix, ni celle de son meurtrier, il tourna la tête avec difficulté et vit la petite Lily se précipiter vers lui, repoussant Errian d’un geste brusque. Il tomba à terre, elle se pencha sur son corps, caressant doucement son visage, essuyant ses yeux qui pleuraient plus que jamais de grosses larmes rouges, elle tentait de le rassurer, mais c’était trop tard, le sang s’échappait et avec lui la vie, cette vie si misérable qui avait attendu sa mort pour s’éclairer enfin. Personne ne l’avait jamais aimé, personne n’avait jamais tenu à lui, et aujourd’hui, la plus belle des enfants accompagnait ces derniers instants, sincèrement triste, pleurant avec lui, partageant son mal, dans un dernier effort il murmura avec affection et amour :

" Adieu … adieu gentille étoile .. sauve nous, s’il te plaît, sauve nous… "

Il rendit son dernier soupir, il n’était plus qu’un cadavre sanglant et défiguré, reposant dans les bras d’une petite fille, au milieu d’une rue sordide, un homme debout à ses côtés. Les minutes s’égrenèrent en silence, enfin, Lily se leva, elle se tourna vers Errian, le regarda, puis s’en alla sans un mot. Elle sortit de la ruelle, l’homme voulut la rattraper, lui parler, mais que dire ? Il se sentait si horrible, un monstre, le seul véritable monstre des bas fonds…

Il resta là, à attendre un signe, un miracle, mais rien ne vint, le corps du clown était toujours là, les corbeaux arrivèrent, se délectant du festin que leur avait offert cet homme. L’un d’eux se posa sur son épaule, amicalement, il croassa dans son oreille une mélodie macabre et morbide. Errian se dégagea violemment de l’emprise du charognard, celui-ci pris son envol et se posa parmi ses congénères autour de la victime sanguinolente. Dans un nouvel élan de fureur, il chassa les volatiles, essayant de les blesser avec son poignard, mais c’était peine perdue, les oiseaux, agiles, échappaient à ses assauts, se riant de lui, voletant à quelques centimètres de son visage, imprenables et invincibles. Errian eut un cri d’impuissance, il lança son arme au loin, frappa contre un mur de toutes ses forces pour évacuer sa colère, il grimaça de douleur en sentant ses phalanges se briser avec un craquement sec. Epuisé, il s’effondra sur le sol froid et trempé de sang, évanoui.

Ecrit par parasitemort, le Mardi 23 Août 2005, 18:49 dans la rubrique "Parmi les fous".

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